Augmenter la capacité des sols à capter et stocker le carbone athmosphérique pour limiter l'impact des GES picto

L'ENJEU

Atteindre l’objectif de « 4 pour 1 000 », permettant à l’agriculture de compenser les 8.9 milliards de tonnes de carbone émises chaque année dans le monde par les énergies fossiles.

Qui dit lutte contre le réchauffement climatique dit limitation des émissions de GES (Gaz à Effet de Serre) et notamment le CO2. Face à cet enjeu, l’agriculture a une particularité unique et très utile : elle capte le CO2 de l’atmosphère, via la photosynthèse, pour fabriquer la biomasse des cultures (racines, tiges, feuilles et grains). Après la récolte des grains une grande partie de cette biomasse est restituée, enfouie et stockée dans le sol. A titre d’exemple, un hectare de blé ou de maïs produit 15 à 20 tonnes de biomasse, en ayant capté 4 à 8 fois plus de CO2 qu’il n’en a émis au cours du cycle de production. Et après la récolte, les pailles restituées, chaumes et racines incorporées au sol sont des constituants de la matière organique, gage de fertilité des sols et réservoir de carbone. Concrètement : l’hectare de blé ou de maïs cité précédemment produira 7.5 à 10 tonnes de pailles et racines, permettant de stocker 450 à 600 kg de carbone dans le sol, soit l’équivalent de 1 650 à 2 200 kg de CO2.
Des chercheurs ont estimé que si la quantité de carbone contenue dans les sols augmentait de 4 pour 1 000 par an (ou 0.4 %) à l’échelle mondiale, les émissions de CO2 provenant des énergies fossiles, grandes responsables du changement climatique, seraient compensées.

Question posée à Arvalis

Au-delà de l’intensification des cultures, quelles autres pratiques culturales les agriculteurs pourraient-ils mettre en œuvre pour augmenter les quantités de carbone stockées dans les sols ?

L'ACTION ARVALIS

Etudier l’impact des cultures intermédiaires sur l’effet « puits de carbone » des sols.

Le rôle des cultures intermédiaires (Voir l’article Vulgariser-les-cultures-intermédiaires) est, entre autres, de lutter contre l’érosion des sols et la fuite des nitrates. les cultures intermédiaires ont aussi la capacité de restituer de la matière organique, donc du carbone, dans les sols, en plus de celui qu’apporte les cultures alimentaires.

Pour évaluer plus précisément les volumes de carbone ainsi stockés, Arvalis mène depuis le début des années 90 des essais longue durée dans sa station de Boigneville. Ils permettent de différencier l’effet couverts végétaux d’autres paramètres, et de le comparer à d’autres apports organiques. Pendant 12 ans, cette étude a été combinée avec celles de deux autres dispositifs mis en place dans le Finistère (Kerlavic) et dans la Marne (Thibie). Deux thèses de doctorat ont été produites en partenariat avec d’autres organismes de recherche.

RESULTATS

On sait aujourd’hui que l’effet puits de carbone des cultures intermédiaires est jusqu’à 3 fois supérieur à celui du fumier à quantité équivalente.

Il est également 1.5 fois supérieur à celui de la paille et 60% supérieur à celui du compost de déchets verts et de boue de stations d’épuration. On sait aussi, grâce aux travaux d’Arvalis que l’effet puits de carbone des cultures intermédiaires est nettement supérieur à celui de pratiques culturales telles que le semis direct (en non-labour). Ces résultats ont fait l’objet de publications et de présentations lors de symposium techniques à destination d’agriculteurs et de conseillers. La vulgarisation va se poursuivre.
Les surfaces en cultures intermédiaires ont augmenté de 600000 hectares en France entre 2011 et 2017 pour atteindre 2,1 millions d’hectares (« Sources : Agreste – Enquêtes pratiques culturales 2011 et 2017 »).

Approfondissements Vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=PKUwLjiZmQc

Ouvrage :
Faut-il travailler le sol ? voir les éditions Arvalis.

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