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L'ENJEU

Permettre aux éleveurs d’être autonomes en protéines pour nourrir leurs troupeaux

L’alimentation des animaux d’élevage est digne de celle des champions sportifs. Elle doit être appétente, digeste, bien équilibrée en énergie, en fibres et en protéines, disponible tout au long de l’année en quantité et en qualité, et cela à un coût maîtrisé. L’enjeu est de taille car de l’alimentation du troupeau dépend sa productivité, sa santé, la qualité du lait ou de la viande, et aussi le revenu de l’éleveur.
Pour établir la ration des bovins, les éleveurs associent différents ingrédients d’origine végétale dans des équilibres subtils et précis pour s’adapter aux besoins des animaux. Ils privilégient les fourrages issus de leur propre ferme. Pour les apports en énergie, beaucoup d’éleveurs misent sur le maïs fourrage. La conduite de cette culture est bien maitrisée par les éleveurs et sécurise les stocks en complément des prairies.
Pour les apports de protéines, atteindre l’autonomie est plus complexe faute de surfaces disponibles pour les cultiver (les éleveurs étant aussi producteurs de cultures de rente qui peuvent être plus rémunératrices), ou parce que les rendements sont trop fluctuants et ne garantissent pas un approvisionnement régulier, ou encore pour des raisons d’organisation. C’est pourquoi les éleveurs ont souvent recours à des tourteaux de soja importés du Brésil ou d’autres pays lointains, ce que condamnent certains consommateurs.

Question posée à Arvalis

Comment repenser les rations des animaux pour qu’elles reposent davantage sur des cultures riches en protéines produites au sein de l’exploitation, sans remettre en cause la rentabilité de l’élevage ?

L'ACTION ARVALIS

Bâtir des systèmes fourragers sources de protéines et mesurer leurs impacts sur la durabilité des exploitations ?

Pour cela Arvalis a mobilisé 3 fermes pilotes*où sont reproduites les conditions réelles d’une exploitation de polyculture-élevage, et y mène des expérimentations sur les cultures et les élevages bovins (lait et viande). Ces recherches sont conduites depuis plusieurs années, avec une approche globale qui se décline en plusieurs volets. D’abord, identifier les cultures sources de protéines les plus pertinentes d’un point de vue agronomique et les pratiques culturales les plus favorables à leur production. Puis, établir des rations alimentaires à partir de ces cultures et observer les effets qualitatifs et quantitatifs sur les animaux, le lait et la viande. Enfin, mesurer les autres impacts générés à l’échelle de l’exploitation : assolement, organisation du travail (dont le besoin en main d’œuvre) et rentabilité. Ces recherches se poursuivent et sont en phase avec le Plan Protéines Végétales lancé par le ministère de l’agriculture en septembre 2020. Arvalis y contribuera aux côtés des instituts de l’élevage et des protéagineux.

*La Jaillière (44), Saint-Hilaire-en-Woëvre (55), ferme expérimentale des Bordes (36).

RESULTATS

Autonomie protéique possible, profil en acides gras amélioré, bilan économique mitigé

Les travaux d’Arvalis montrent que l’introduction d’une culture riche en protéines (luzerne par exemple) et la combinaison de celle-ci avec d’autres productions déjà présentes sur l’exploitation (blé, maïs, herbe) peut conduire à l’autonomie alimentaire et au maintien des performances de production du troupeau. Il faut également noter que 1 ha de luzerne produite en France fournit en protéines l’équivalent de près d’1.5 ha de soja au Brésil (auquel s’ajoute la production d’’huile).

On mesure aussi des effets positifs sur le taux d’acides gras insaturés (dont les fameux Oméga 3) dans les laits et viande. Mais économiquement le modèle a besoin d’être consolidé, par exemple en développant des labels valorisant mieux le lait et la viande issus d’exploitations plus autonomes en protéines. Car aujourd’hui les résultats montrent que le bilan économique est variable et insuffisamment incitatif pour les éleveurs. Les recherches vont se poursuivre, en élargissant le champ d’expérimentation à d’autres espèces.

Approfondissement

La brochure « La culture de la luzerne ».

Récolter de la luzerne en foin :

https://youtu.be/fTVqrdqebLQ

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